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Encore une boulangerie francaise aux Etats-Unis
par
Biba F. Pedron
Sur le nombre de consultations que nous proposons a My French Network
depuis les six dernières années, environ 40% concernent des créations
de boulangeries, pâtisseries, crêperies, restaurations rapides, ou
épiceries « a la française ». Il
existe visiblement un mythe chez les français pensant que les
américains sont tous attirés par l’alimentaire français ou
l’alimentaire de luxe « French Touch ».
Généralement
toutes ces personnes nous contactant avec ce type de projet, n’ont
aucune expérience en France dans ce domaine et « tous » indiquent
qu’ils ont un concept tout a fait innovant « a la française » qu’ils
n’ont vu nul par sur place.
Lorsqu’un concept n’existe pas, il faut ce poser deux questions : -Est-ce que cela n’existe pas car il n’y a pas la clientèle pour ? -Est-ce que cela n’existe pas mais que d’autres ont essayé, mais ont échouée ? et comprendre pourquoi.
S’il
n’existe pas plus de boulangeries aux Etats-Unis c’est que les
américains ne mangent pas de croissants ou pains au chocolat aussi
souvent que l’on veut bien le penser. Ils sont plutôt muffins et
donuts – Il suffit de voir les résultats de Starbucks, on en trouve a
peut prés a tous les coins de rues dans toutes les grandes villes et
Dunkin-Donuts, également très bien implanter. Starbucks a annoce $207.9
million de profits, au 3eme trimestre de 2010 incluant 37%
d’augmentation par rapport a la même période l’année dernière. Starbucks
ne fait définitivement pas dans la boulangerie ou pâtisseries de luxe,
mais les produis sont les basics recherchés et consommés par les
américains. Pas le croissant le pin au chocolat ou l’éclair au
chocolat. Pourtant malgré sa réussite, même Starbucks a été touchée par
la crise et a du fermer 600 établissements en 2009.
Pour ce qui est des concepts européens, comment expliquer que « Le Pain Quotidien
», concept belge est très bien implanté aux USA depuis 1997 avec 16
établissements a New York, 11 a Los Angeles et 3 a Washington et qu’en
revanche l’enseigne Française « Paul »,
pourtant très réputée, implantée a Miami depuis 2006, voit un turn-over
permanent de ces franchisés. Le projet initial prévoyait 10
établissements sur la région, il n’y en aura finalement que la moitié
et l’enseigne n’arrive pas a s’implanter a New York.
Idem pour Fauchon
qui a tentée de s’implanter a New York, Downtown Manhattan sur Park
Avenue et la 56eme rue, pourtant installer au cœur des quartiers de
luxe, l’épicerie fine a essuyé un échec et a du fermer en moins de deux
ans.
Cela montre donc que même avec une renommée internationale et un investissement très conséquent, « la French Touch » ne fait pas toujours recette.
Donc
pour tous ces entrepreneurs français qui souhaitent créer une
boulangerie, pâtisserie, crêperie, restauration rapide, ou épicerie « a
la française » avec un budget de moins de $50.000, sans parler du fait
qu’ils ne qualifieront pas a l’obtention d’un visa, il est utopique de
croire que vous pourrez vous installer et avoir un business viable.
Afin
de pouvoir raisonnablement ouvrir un commerce de ce type, il faut
évaluer vos coûts d’installation, loyer (avec un minimum
deposit/caution de trois a 6 mois de loyer selon les villes), les coûts
de rénovation afin de mettre l’établissements a vos couleurs, les coûts
de licences, puis le coût annuel de toutes vous dépenses courantes,
loyer, factures téléphone & électricité, assurances, salaires,
fournisseurs etc….
Si vous ne disposez pas d’un
investissement minimum égal a l’ensemble de vos frais et dépenses sur
la première année, non seulement il sera difficile de décrocher votre
visa, mais au delà de cà, votre business ne sera pas viable.
Maintenant
si vous disposez d’un investissement suffisant (celui ci étant variable
selon la ville ou vous vous installez, et du coût du rachat du fond de
commerce) et même si vous avez une expérience dans le domaine en
France, cela ne signifie pas la réussite a tout prix.
Nombre
d’entrepreneurs se voient dans l’obligation de fermer dans les deux
premières années, du fait de la méconnaissance totale de la culture
américaine et ne l’intégrant pas dans leur plan marketing, et du
choix de leurs produits.
Comme beaucoup, si vous
voulez absolument faire du francais/francais et faire un duplicata
parfait de votre société en France, sans prendre en compte les
paramètres américains et les goûts des américains, c’est l’échec
assuré. C’est pour cette raison que souvent on me dit « mais je n’ai
pas vraiment trouvé de boulangeries dans telle ou telle ville » lors de
leur prospection. Ce n’est pas le fait de ne pas avoir essayer, mais
nombre de personnes s’y sont cassés les dents et de ce fait il n’existe
pas autant de boulangeries-pâtisseries aux États-Unis que l’on imagine
vu de France.
Il est donc important avant de commercer a
lancer le processus, de vendre votre maison pour avoir l’argent
disponible et d’investir toutes vos économies, de faire faire une étude
de marché, qui vous indiquera selon la ville ou vous souhaitez vous
installer : s’il y a la clientèle appropriée, si la région est adaptée
a votre projet, si vos produits sont adaptés a la région, le coût total
de votre investissement nécessaire (la même étude ne vous donnera pas
les mêmes résultats si vous vous installez a New York. Miami, Los
Angeles ou Boston) afin d’éviter toutes mauvaises surprises et de
réaliser en cours de route que vous ne pourrez tenir que 6 mois avec
votre capital de départ.
Il est donc important voir capital
de contacter des professionnels afin de faire cette étude et de ne
surtout pas vous lancer seul dans l’aventure.
(c) 2010 Biba F. Pédron
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